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Abandon du projet autoroutier A133-A134

jeudi 15 février 2024

à Monsieur Patrice VERGRIETE, Ministre délégué chargé des Transports

Monsieur le Ministre, Conseillers départementaux du Canton de Pont-de-l'Arche dans l'Eure, nous nous permettons de vous interpeller sitôt votre arrivée. Car à tout nouveau ministre, nous devons expliquer les méfaits d'un très vieux projet dont nous souhaitons, avec nombre d'élus et d'habitants, l'abandon complet. Depuis plus de cinquante ans, il est question d'une autoroute de 42 km à l'Est de Rouen pour, prétendument, permettre le contournement de cette agglomération alors que les élus de la Métropole eux-mêmes ont rejeté le projet. Logique tant il est obsolète et bien plus en phase avec les années Pompidou que dans le sens du "Make our planet great again" présidentiel. Le très actif collectif interdépartemental "NON À L'AUTOUROUTE" - qui regroupe 50 autres associations, des collectivités territoriales, des syndicats, des formations politiques, des habitants et des élus - tient à votre disposition un dossier complet. Mais nous souhaitons mettre en avant quelques arguments. Le Ministère de la Santé affirme que "50.000 décès par an en France pourraient être évités sans la pollution". Or, de cette autoroute émaneront 50.000 tonnes de CO2 chaque année. Le plus de béton, plus de camions et plus de pollution n'est vraiment pas bon pour nos poumons. Pour nous, déjà riverains de l'A13, s'ajouteront, à la pollution atmosphérique, les nuisances sonores et la dégradation visuelle avec, par exemple, l'implantation de huit viaducs et de neuf échangeurs. En plus de l'impact sanitaire, se prépare un véritable écocide avec la destruction de 516 hectares de terres forestières et agricoles, dont une partie de la forêt de Bord. La dépense de plus d'un milliard d'euros actuellement prévue devrait être destinée aux alternatives de mobilité douces et durables : transports en commun, voie fluviale, développement du ferroviaire, voie verte. Voilà l'avenir ! D'ailleurs, en 2017, Emmanuel Macron avait été très clair : "La promesse que je veux qu'ensemble nous tenions pour les années à venir, c'est […] ne pas relancer de grands projets nouveaux". "Ce qu'il nous faut penser […] ce sont les investissements pour ces nouvelles mobilités". "La France […] doit à présent davantage concentrer ses efforts, ses investissements sur la rénovation des réseaux existants". Il concluait : "Il faut écouter les élus qui savent, qui connaissent les besoins de leurs populations et les attentes". Votre prédécesseur, après des mois d'attente, étant parti sans rendre de réponse, nous vous demandons donc de bien vouloir prononcer l'abandon définitif de ce projet. Nous vous remercions pour votre attention, restons à votre disposition et vous adressons, Monsieur le Ministre, nos respectueuses salutations.