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Les Discours Publics

COMMÉMORATION DE LA VICTOIRE DU 8 MAI 1945

vendredi 8 mai 2026 - Alizay


Alizay, Le Manoir, Igoville - 8 mai 2026

Discours de Monsieur Arnaud LEVITRE, Maire d'Alizay, Conseiller départemental de l'Eure

Mesdames et Messieurs, Anciens Combattants, Élus, citoyens, écoliers, amis, Bonjour à toutes et tous, En ce 8 mai, nous nous rassemblons pour commémorer la victoire sur le nazisme en 1945, la fin des combats en Europe d’une guerre mondiale qui a plongé l’humanité dans l’une de ses périodes les plus sombres, jusqu’aux bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki à l’été 1945. Cette date, au-delà de sa portée historique, est d’abord profondément humaine. Derrière les chiffres vertigineux, il y a des visages, des vies, des destins brisés. Des familles séparées, des villes détruites, des enfances volées. Nous honorons aujourd’hui celles et ceux, connus ou anonymes, qui ont résisté, combattu, survécu, et parfois donné leur vie pour que triomphe la liberté. Il y avait des soldats, bien sûr. Mais aussi des résistants de l’ombre, des ouvriers, des enseignants, des paysans, des mères de famille, des jeunes à peine sortis de l’adolescence. Des femmes et des hommes ordinaires, capables d’actes extraordinaires. Ils n’étaient pas seulement guidés par le courage, mais par une conviction simple et essentielle : la dignité humaine est non négociable. Refuser l’oppression, la haine, le racisme, la barbarie. C’est cette idée qui a rendu la victoire possible. Mais après la victoire, il a fallu reconstruire. Rebâtir les villes, les infrastructures, l’économie. Mais surtout reconstruire une société profondément marquée par la guerre, déterminée à ne pas répéter les erreurs du passé. C’est dans cet esprit qu’ont été posées les bases de notre modèle social : la sécurité sociale, les retraites, les services publics, les droits des travailleurs. Autant de conquêtes essentielles pour bâtir une paix durable. Notre pays a pu s’appuyer sur le programme du Conseil National de la Résistance, “Les jours heureux”, et sur l’engagement de femmes et d’hommes remarquables comme le communiste Ambroise Croizat, fondateur de la Sécurité sociale dont chacun d'entre nous bénéficie. Cette ambition portait une promesse forte : celle du “plus jamais ça”. Non, plus jamais la guerre née de la haine et du nationalisme. Plus jamais les idéologies qui divisent et excluent. Plus jamais l’abandon des nôtres à des tragédies comme la Shoah. Mais cette promesse est-elle tenue aujourd’hui ? Nous le voyons, le monde reste traversé de tensions profondes. Les dépenses militaires atteignent des niveaux considérables : 3000 milliards de dollars l'an dernier ! Imaginez tout ce que nous pourrions faire sur cette planète avec une telle somme pour l’éducation, la santé, le logement, l’environnement, l'alimentation ! Dans le même temps, les inégalités se creusent, les fractures s’accentuent, et les discours de rejet trouvent un écho médiatique inédit absolument scandaleux. Face à cela, nous ne pouvons pas être de simples spectateurs. Commémorer le 8 mai, ce n’est pas seulement se souvenir. C’est aussi regarder le présent avec lucidité et agir avec responsabilité. Cela nous oblige à défendre la paix, à faire vivre la solidarité et à rester vigilants face à tout ce qui fragilise notre cohésion : la précarité, l’exclusion, la rancœur, le sentiment d’abandon ou d'injustice. En tant que maire et conseiller départemental, profondément attaché aux valeurs de justice sociale, d’égalité et de fraternité, je suis convaincu que cette responsabilité commence ici, au niveau local. Dans nos communes, cela signifie agir concrètement : être aux côtés de celles et ceux qui en ont besoin, garantir l’accès aux services publics, soutenir l’éducation, la culture et la vie associative, favoriser le respect et le vivre-ensemble. Car la paix ne se décrète pas seulement entre les nations. Elle se construit chaque jour, dans nos villes et villages, dans nos écoles, dans nos relations humaines. Elle se construit lorsque l’on choisit la solidarité plutôt que l’égoïsme, lorsque l’on rejette la haine en défendant la dignité de chacun et le droit à la différence. C’est là l’héritage le plus précieux de celles et ceux que nous honorons aujourd’hui : une exigence morale. À nous de la faire vivre. À nous de prolonger leur combat et d’être dignes de leur sacrifice. En ce jour de commémoration, en déposant des fleurs, en observant une minute de silence, en chantant la Marseillaise, pensons à celles et ceux qui ne sont pas revenus. Pensons à leurs rêves, à leurs espoirs, à ce qu’ils auraient voulu pour le monde et pour le pays. Olga Bancic, Joseph Epstein, Lucie et Raymond Aubrac, Guy Môquet, Gabriel Péri, Pierre Semard, Elsa Triolet, Joséphine Baker… Ces noms, familiers des habitants de ma commune, vivent dans notre mémoire. Inspirons-nous de leur courage pour connaître une société plus humaine, plus juste et plus fraternelle à rebours de tout ce qui se met en place actuellement, en France et ailleurs. C’est ainsi que nous ferons réellement vivre l’esprit du 8 mai 1945. Je vous remercie.