POUR L'ABANDON DU CONTOURNEMENT
Publié dans Alizay L'actu
Madame, Monsieur, Vous le savez, j'agis chaque jour pour la sauvegarde de notre précieux territoire. Ainsi, avec le Conseil municipal et les associations de défense de l'environnement, je m'oppose à l'autoroute supplémentaire envisagée à l'Est de Rouen. Ce projet est d'une autre époque, celle du tout camion, du tout goudron… Tout pour nos poumons ! Car ce qui s'annonce, ce sont particules fines et gaz d'échappement, pollution sonore et viaduc en zone Natura 2000. Je refuse la folie financière et le déni de droit d'un État qui avait promis de ne pas aller à l'encontre de la volonté des collectivités territoriales. Nous portons des solutions efficaces, innovantes. Pensons un avenir mêlant transports en commun, covoiturage, ferroviaire, fluvial, ferroutage, télétravail, fin du péage d'Incarville. Le 26 février, nous avons organisé une grande marche contre l'autoroute avec des départs de Val-de-Reuil, de Pont-de-l'Arche et d'Alizay. Pour préserver un cadre de vie respirable, continuons, dans l'union, à porter des propositions réalistes et respectueuses.
Mais aussi ...
CONTOURNEMENT CÔTÉ SCIENCES
Pourquoi mettre une seconde autoroute à côté de la première ? Parce que "ce projet désengorgera la métropole rouennaise" répond Jean CASTEX (15/12/2021). Problème : c'est faux. Le chercheur Aurélien BIGO l'explique bien : "Avec une route plus rapide, le trafic se restructure, à la fois par des effets immédiats de changements d’itinéraires, de mode ou d’heure de départ, mais aussi à plus long terme, en encourageant à de plus longues distances. Comme les trafics augmentent, les embouteillages sont loin de disparaître voire peuvent se recréer et être supérieurs à la situation initiale". On observe d'ailleurs l'abandon de projets autoroutiers au Pays de Galles et en Autriche. Si nous allons plus vite qu'avant, c'est aussi pour aller plus loin. D'où des distances jamais vues entre domicile et travail qui expliquent nombre de bouchons aux abords de Rouen. Un contournement ne changera rien comme le reconnaissent les services de l'Etat :"les 300 000 déplacements domicile-travail internes à ce territoire sont dans leur grande majorité relativement courts puisqu´ils s´effectuent essentiellement en milieu urbain". Une nouvelle autoroute (payante !) c'est moins d'argent investi dans les déplacements moins polluants (ferroviaire, fluvial), un dérèglement climatique accéléré et encore plus de pollution (100.000 décès prématurés par an en France). En 2017, Emmanuel Macron avait pourtant été très clair : "La promesse que je veux qu'ensemble nous tenions pour les années à venir, c'est […] ne pas relancer de grands projets nouveaux". "Ce qu'il nous faut penser […] ce sont les investissements pour ces nouvelles mobilités". "La France doit choisir et elle doit à présent davantage concentrer ses efforts, ses investissements sur la rénovation des réseaux existants". Il concluait : "Il faut écouter les élus qui savent, qui connaissent les besoins de leurs populations et les attentes". A bon entendeur !
RETOUR DES 90 KM/H DANS L'EURE : MENSONGES, SILENCES ET OMISSIONS
Vendredi 7 février, lors de la session plénière à l'Hôtel du Département de l'Eure, la majorité au pouvoir a voté en faveur du retour aux 90 km/h sur les routes départementales à compter de 2026. Problème : chiffres et arguments sont, au mieux erronés, au pire mensongers. Quant à nos questions, elles restent sans réponses… On s'étonnera d'abord d'une soudaine obsession de la majorité pour la vitesse : couverture et double page du n° 40, lancement d'une pétition, présence sur les marchés, tribunes à répétition dans le magazine départemental (n° 40, 41, 42, 43, 45, 46 et 47). Pour quel autre projet la majorité départementale mène-t-elle ainsi une telle campagne ? Surtout quand le raisonnement, basé sur des chiffres faux, est aussi absurde : "comme il y a eu plus de morts, vous allez pouvoir rouler plus vite". Le Président met en avant le fait que 52 départements ont déjà rompu avec les 80 km/h. Or, il s'agit d'un retour sur 10, 20 ou 30 % du réseau. En fait, seuls 7 départements sont repassés à 100 % aux 90 km/h. La majorité assure que les 80 km/h "ça ne marche pas", comptabilisant 41 tués sur les routes de l'Eure dès début novembre. Mais c'est un chiffre global avec tous types de routes. En réalité, le nombre de tués sur les départementales est passé de 34 morts en 2021 à 20 tués en 2024, soit une baisse de 41 %. Le tableau récapitulatif envoyé aux élus montre que 2024 est la moins mauvaise année depuis 2017 pour le nombre de tués (hors 2020 et la covid). Quant aux blessés, 2024 est la meilleure année, mieux encore que 2020. Alors pourquoi parler d'"échec" et écrire que le nombre de blessés a "littéralement explosé" ? Le Président assure que ce qui tue, c'est la drogue, l'alcool, la somnolence, le téléphone et les grands excès, en oubliant la cause essentielle et facteur aggravant : la vitesse. Avec elle, tout est plus grave : l'indemne devient blessé ; le blessé léger, un blessé grave ; le blessé grave, un mort. Dès lors, quels partenaires de la sécurité routière et spécialistes de l'accidentologie vont soutenir une augmentation de la vitesse si peu réclamée ? Quelle cohérence avec le travail de sécurisation mené par la Préfecture ? Il y a également le problème du projet des panneaux d'entrée dans le Département avec ce slogan ambigu : "Dans l'Eure, on roule à 90 km/h". La limitation doit en principe être indiquée partout, à tous, et pas seulement à ceux qui arrivent dans l'Eure. Dans l'état actuel, le coût est déjà de 220.000 €. Sans compter les 420 études à réaliser et des équipes alors mobilisées sur tout ce travail et non ailleurs. Avec un trafic en hausse de 10 % depuis 2017, le véritable enjeu est le partage de la route entre diverses mobilités. La route n'est pas qu'aux automobilistes. En aucun cas l'augmentation de la vitesse - polluante et inefficace - ne va favoriser ce partage de la chaussée. Il faut se rendre compte du message ainsi envoyé. Lors de nos nombreuses réunions publiques, nous avons pu constater combien le mécontentement populaire concerne le mauvais état des routes et non leur limitation. La sécurité routière n'est pas une question d'opinion mais bien de vérité scientifique, même s'il est difficile de le faire entendre dans l'hémicycle tout comme d'obtenir des réponses à nos questions…
Non à la folie d'une escalade militaire !
Face à l’escalade militaire au Moyen-Orient, nous réaffirmons avec force une conviction constante : la guerre n’a jamais apporté la paix dans cette région du monde. Chaque intervention armée, chaque frappe, chaque riposte a nourri un engrenage de violences dont les premières victimes sont toujours les peuples. Nous regrettons profondément que la voie diplomatique n’ait pas été privilégiée. Dans un contexte déjà marqué par des tensions historiques et géopolitiques complexes, le recours aux armes constitue un échec collectif. La communauté internationale doit œuvrer sans délai à la désescalade, au cessez-le-feu et au retour au dialogue dans le respect du droit international. Nous ne sommes pas dupes pour autant de la nature du régime iranien. Le pouvoir en place à Téhéran est un régime autoritaire et tyrannique qui réprime les libertés fondamentales, muselle l’opposition, opprime les femmes et sanctionne durement toute contestation démocratique. Notre solidarité va au peuple iranien — aux femmes, aux travailleurs, aux étudiants, aux défenseurs des droits humains — qui se battent avec courage pour la liberté, la justice sociale et la dignité. S’opposer à la guerre ne signifie en rien fermer les yeux sur la répression. Bien au contraire : la paix véritable ne peut se construire que sur la démocratie, les droits humains et les conquêtes sociales. Les bombes n’émancipent pas les peuples. Seule une diplomatie exigeante, cohérente et indépendante peut créer les conditions d’une stabilité durable. Nous fustigeons par ailleurs la position de la France qui affirme ne pas avoir été informée des frappes israélo-américaines. Une telle situation révèle un affaiblissement préoccupant de notre pays sur la scène internationale. La France fut longtemps respectée et écoutée pour la singularité et l’indépendance de sa diplomatie au Moyen-Orient. La voir reléguée au rang de spectatrice d’événements majeurs interroge sur la perte d’influence et sur l’effacement progressif de sa voix. Nous refusons cette résignation. La France doit retrouver une diplomatie forte, indépendante, capable de parler à toutes les parties et de défendre une ligne claire : la paix, le multilatéralisme, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la défense des droits sociaux et humains. Parce que notre engagement est celui des peuples, de la justice sociale et de la paix, nous appelons à la désescalade immédiate, au retour aux négociations et au soutien actif à toutes celles et ceux qui luttent, en Iran comme ailleurs, pour la liberté et l’égalité.
ÉQUITÉ DANS LES CANTINES : PROPOSITION D'UNE TARIFICATION SOCIALE AU COLLÈGE
Notre groupe « L'Avenir en Partage » au sein du Conseil départemental de l'Eure, a déjà eu l'occasion de proposer la mise en place d'une tarification sociale pour la restauration scolaire dans les collèges. Loin d'être une mesure démagogique, cette proposition vise à instaurer plus d'équité pour les familles, dont beaucoup rencontrent de réelles difficultés à boucler leurs fins de mois. Il s'agit d'une mesure de justice sociale qui peut être mise en œuvre à coût constant, par une meilleure répartition des aides et une adaptation des tarifs en fonction des ressources des familles. Nous avions proposé une expérimentation sur un an, dans le canton de Pont-de-l'Arche, et notamment au collège Hyacinthe Langlois. Ce projet devait s'appuyer sur une commission transpartisane, rassemblant l'ensemble des acteurs concernés, afin de garantir un dialogue ouvert et constructif. Malheureusement, notre proposition a été rejetée d'un revers de main par le président du Département, préférant maintenir un tarif unique de 3,30 euros par repas, au mépris des inégalités que ce système entretient. Pourtant, de nombreux départements, de droite comme de gauche, ont déjà mis en œuvre une tarification sociale, avec des résultats probants : • Le Département de la Seine-Saint-Denis a instauré une grille tarifaire allant de 0,50 à 3,80 euros le repas, selon le quotient familial ; • En Ille-et-Vilaine, la tarification est également modulée selon les revenus, avec des tarifs pouvant descendre à moins d'un euro ; • Le Département de la Haute-Garonne propose des repas à 0,50 euro pour les familles les plus modestes, et a constaté une hausse significative de la fréquentation des cantines ; • Dans les Côtes-d'Armor, une tarification progressive a permis de réduire le non-recours à la cantine chez les élèves de familles défavorisées. Ces exemples montrent qu'avec de la volonté politique, il est tout à fait possible de concilier équité sociale et équilibre budgétaire. Nous réitérons donc notre demande au président du Département de l'Eure : reconsidérer notre proposition afin de permettre à l'ensemble des élus de la commission en charge de l'éducation, des collèges et de la jeunesse de travailler, de manière responsable et constructive, sur un dispositif de tarification sociale pour la restauration scolaire. C'est une mesure d'intérêt général, attendue par de nombreuses familles, et un enjeu de justice sociale que nous ne devons pas éluder. Maryannick DESHAYES, Arnaud LEVITRE L'avenir en partage
