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DISSOLUTION ET ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2024

vendredi 21 juin 2024

Monsieur le Président, Mes chers collègues, L'Histoire nous regarde et avec elle, celles et ceux qui, avant nous, ont lutté pour la liberté, l'égalité et la fraternité. Pour la première fois depuis 80 ans, l'extrême droite se voit offrir la possibilité de diriger le pays. Oui, je dis bien offrir, tel un cadeau inespéré. En effet, lors des élections européennes, la surprise n'est pas venue du résultat - finalement conforme à tous les sondages - mais de l'annonce de la dissolution, un projet précipité, solitaire, je dirais machiavélique, dont même le Premier ministre n'était pas informé. Pourtant, la liste d'extrême droite a rassemblé moins d'un électeur sur six, soit moins que le total de la gauche. Une forte secousse, évidemment, surtout ici, mais loin du chaos qu'a provoqué lui-même le Président de la République ensuite. Bref, BARDELLA et LE PEN en rêvaient, MACRON, quelque part, l'a fait. Depuis ce coup de tonnerre, coup de poker de l'ancien banquier d'affaires, les réactions s'enchaînent. Éric ZEMMOUR, qui n'avait déjà aucun député, a perdu son seul sénateur puis quatre de ses cinq députés européens, ne conservant qu'une seule élue : sa compagne ! Au RN, tante et nièce se rabibochent sous l'œil vitreux du patriarche antisémite montrant que dans le clan LE PEN, on est pour le regroupement familial. Chez Les Républicains, on découvre qu'Éric CIOTTI manœuvrait dans l'ombre avec la complicité de Vincent BOLLORÉ, patron de la chaîne multi condamnée CNews, pour l'avènement de listes communes LR/RN. Quant aux macronistes, dépités, désabusés, déboussolés, c'en est fini des "j'assume" ! Beaucoup espèrent maintenant le silence du Président et éviteront de faire figurer sur leurs affiches sa photo ou tout ce qui pourrait s'y rattacher. Finalement, seule la gauche a su aussitôt s'unir, se répartir les circonscriptions, se mettre d'accord sur les investitures et établir un programme en faveur du travail, de l'école, de la santé, de la justice, du logement, de l'environnement, de l'égalité femmes-hommes. Tout ça en moins de 5 jours ! Certes, le psychodrame qui s'est joué avant le week-end sur 1% des investitures a failli doucher notre enthousiasme. Mais ne nous laissons pas distraire alors que l'extrême droite, qui n'a plus dirigé la France depuis la Collaboration, pourrait offrir cette image désastreuse aux yeux du monde entier à l'occasion des J.O. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Ce n'est pas faute d'avoir été alertés. Ainsi, souvenez-vous d'un certain François B., de Pau : - "Emmanuel MACRON, ça ne marchera pas. C'est le candidat des forces de l'argent. Derrière lui, il y a des grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique." Édouard P., du Havre, écrivait : - "Emmanuel MACRON se présente en tribun adepte d'un populisme désinvolte qui n'assume rien mais promet tout". Je m'en voudrais d'oublier Bruno L., de l'Eure : - "Emmanuel MACRON est une coquille vide, c'est de la soupe. C'est l'homme sans projet parce que c'est l'homme sans conviction. Il dit tout et son contraire." Et enfin, écoutez ce qu'annonçait Gérald D, de Tourcoing : - "Loin d'être le remède d'un pays malade, Monsieur MACRON sera au contraire son poison définitif. Son élection précipiterait la France dans l'instabilité institutionnelle et conduirait à l'éclatement de notre vie politique. Alors dans ce vide, le populisme le plus abject arrivera, celui de Mme LE PEN." Alors, on peut toujours s'amuser des alliances des uns et des autres. Mais en la matière, le nouveau Front populaire n'a guère de leçons à recevoir. Les ricaneurs ricaneront pendant que les plus lucides comprendront que l'heure est suffisamment grave pour qu'advienne une union où nos différences sont une chance. Vous me direz, oui mais on ne peut laisser l'alternance aux "extrêmes". Ah, les "extrêmes". On doit à Nicolas SARKOZY cette mise sur un même plan de la gauche progressiste et de l'extrême droite raciste. Pourtant, le Conseil d'État a récemment tranché : les 4 grands partis qui composent le nouveau Front populaire sont bien classés à gauche et le RN à l'extrême droite. Dire le contraire n'est que calomnie et manipulation. Et puis, si vous voulez un exemple de décision extrême, je peux rappeler les 23 fois en 18 mois où Mme BORNE est passée en force à l'Assemblée nationale à grands coups de 49.3 ! Je peux aussi rappeler comment les Français ont perdu leurs deux meilleures années de retraite en échange des deux pires années de travail. Ce n'était pas extrême, ça ? Alors, franchement, en quoi serait-il extrémiste de vouloir le meilleur pour nos écoles, nos hôpitaux, nos universités ? Qu'y aurait-il de dangereux à bloquer les prix des biens de première nécessité ? à instaurer un prix plancher pour les agriculteurs ? à discuter sur le financement de ses mesures ? Quel risque à rehausser le SMIC et les APL ? Notre responsabilité sera aussi de revenir sur les réformes désastreuses d'Emmanuel MACRON, qu'il s'agisse des retraites ou de l'assurance-chômage, des emplois aidés ou de la police de proximité, sans oublier de retrouver la paix en Kanaky-Nouvelle Calédonie. Finalement, Nous sommes : - pour "l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale" - pour "la garantie d’un niveau de salaire qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine" - pour "assurer à tous les citoyens des moyens d’existence" - pour "la possibilité effective pour tous les enfants de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée." Bon, ce que je viens de dire, mes chers amis, n'est pas de moi mais tiré du "Programme du Conseil National de la Résistance" du 15 mars 1944, une époque où, face à l'horreur, aux drames et aux périls, des femmes et hommes bien différents avaient su s'unir. Je conclus en constatant que vous êtes plusieurs, même si les candidats sont absents aujourd'hui, dans notre assemblée à vous impliquer dans ces élections législatives, parfois les uns contre les autres, parfois même opposés au sein de la majorité départementale. C'est dire si je préfère le nouveau Front populaire. Mais je peux vous assurer qu'au 2nd tour, retenez bien ce paragraphe, j'appellerai à soutenir tous les candidats de la majorité départementale face à un candidat RN. Toutefois, je vous le demande ms chers collègues : l'inverse sera-t-il vrai ? Appellerez-vous à voter pour le candidat du nouveau Front populaire face à l'extrême droite ? Madame TERLEZ appellera-t-elle à voter Philippe BRUN dans cette circonscription où nous avons le seul député qui n'est pas du Rassemblement national ? Merci. Arnaud LEVITRE Président du groupe l'Avenir en partage Conseiller départemental de l'Eure Maire d'Alizay

Intervention de Monsieur Arnaud LEVITRE, Président du groupe l'Avenir en partage