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5 MILLIARDS D'ÉCONOMIES : OÙ ALLEZ-VOUS COUPER ?

vendredi 18 octobre 2024

Monsieur le Président, Mes chers collègues, Quatre mois après notre dernière session plénière, permettez-moi de démarrer par un rapide rappel des faits survenus depuis. Le 9 juin dernier, sitôt après la déroute du camp présidentiel aux élections européennes, Emmanuel MACRON décidait, seul, dans l'incompréhension générale, de dissoudre l'Assemblée, provoquant un nouveau scrutin trois semaines après. A ce moment-là, tout semblait indiquer l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, crainte confirmée à l'issue du premier tour le 30 juin. Heureusement, grâce à un sursaut de participation, un nombre record de procurations et la mise en place d'un front républicain - allant des communistes jusqu'à Horizons - non seulement le RN n'a pas eu de majorité absolue ou relative, mais il a même fini troisième, loin derrière le Nouveau Front populaire arrivé en tête et du camp présidentiel, finalement deuxième, mais tout de même défait dans les urnes pour la deuxième fois en moins d'un mois. Quant au parti Les Républicains, seule force politique à avoir refusé les désistements face au RN dans les triangulaires, il a terminé en 4e position, avec seulement 7 % des députés. Après deux mois d'attente, une fin de non-recevoir du Président à la proposition du NFP puis la rumeur d'une douzaine de noms dans la presse - dont la diversion d'une vraie-fausse piste Bernard CAZENEUVE - c'est finalement le LR Michel BARNIER qui a été nommé premier ministre le 5 septembre, lui qui était en fait en contact avec le secrétaire général de l'Elysée depuis le mois de juillet. Il faudra encore attendre 16 jours - un record ! - pour que soit enfin constitué un gouvernement, étrange attelage de perdants macronistes et de revenants sarkozistes. Ainsi se refermait une période commencée par le coup de tonnerre de la dissolution et se concluant par ce coup de force démocratique, comme si les élections législatives n'avaient jamais eu lieu. Forcément, le bilan démocratique est désastreux : - un président qui offre sur un plateau une dissolution à l'extrême droite, - le même qui refuse le droit, à la force arrivée en tête, de bâtir sa majorité et de proposer des ministres, - un pays sans gouvernement pendant deux mois, - des ministres démissionnaires qui participent pourtant au vote à l'assemblée en tant que députés, - l'arrivée au pouvoir d'une coalition de perdants, - un premier ministre adoubé par Marine LE PEN et à la merci, à tout moment, du vote sanction de cette dernière qu'il faut rassurer à la moindre contrariété, elle qui doit, dans le même temps, répondre au tribunal correctionnel de Paris de l'accusation de détournement de 7 millions de fonds européens. Que la chef du clan LE PEN se console : ses ignobles idées sont chaque jour portées au gouvernement par le nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno RETAILLEAU, dont les obsessions xénophobes, voire racistes, devraient tous nous inquiéter. Mais pour en revenir à Michel BARNIER, tout comme ses prédécesseurs – Elisabeth BORNE et Gabriel ATTAL – il a renoncé au vote de confiance à l'Assemblée, trop exposé au risque d'être mis en minorité. C'était pourtant la raison invoquée par le Président de la République pour rejeter la nomination de Lucie CASTETS. Avec cette arrivée par effraction des Républicains à la tête de l'Etat, voici le retour de l'austérité budgétaire. Michel BARNIER prétend découvrir une situation financière "très dégradée" avec un dérapage à hauteur de 6 % du PIB. Il est vrai que Bruno LE MAIRE annonçait encore début janvier un déficit de 4,4%, assurant que "le tournant du redressement sera tenu fermement.” Il a visiblement lâché le volant, laissant le pays s'écraser sur le mur de la dette. Par chance, pour l'aider à redresser la barre, le premier ministre pourra désormais compter sur son nouveau directeur de cabinet, Jérôme FOURNEL. Celui-ci connaît bien la situation puisqu'il occupait jusqu'alors les mêmes fonctions, mais auprès du ministre de l'Économie. Eh oui, il était le bras droit de Bruno LE MAIRE à Bercy ! Franchement, de qui se moque-t-on ? Qu'est devenu le MOZART de la finance ? Après sept années pendant lesquelles furent dorlotés les premiers de cordée au nom d'un improbable ruissellement, force est de constater que la politique de la "caisse" vide et des cadeaux fiscaux à gogo a plongé nos comptes dans le rouge. En raison du niveau de déficit incroyable atteint sous la présidence d'Emmanuel MACRON - on parle ici de 1000 milliards d’euros de dette cumulée depuis son entrée à l’Élysée - le gouvernement BARNIER veut imposer des dizaines de milliards d'économies aux Français, dont 5 milliards aux collectivités locales. Il est d'ailleurs étonnant de voir des ministres macronistes aller de plateau en studio nous expliquer les saignées à effectuer pour tenter de rattraper la dérive de leur propre politique, pourtant sanctionnée par les électeurs lors des dernières législatives. Or, un discours de "vérité" serait de nous dire où on va couper. Prenons un département comme le nôtre qui pourrait perdre plus de 22 millions d'euros. Sur le dos de qui faudra-t-il faire des économies ? Les personnes handicapées ? Les collégiens ? Les bébés de la PMI ? Les personnes âgées ? Les familles en grande difficulté financière ? L'aide sociale à l'enfance ? Les allocataires du RSA ? Les pompiers ? Les EHPAD ? Faut-il oublier la dynamisation de nos bourgs ? Le développement touristique ? Le soutien au sport et à la culture ? Doit-on abandonner nos routes ? Monsieur le Président, on vous écoute.

Intervention de Monsieur Arnaud LEVITRE, Président du groupe l'Avenir en partage