DE MACRON À SARKOZY : LA DÉMOCRATIE ATTAQUÉE !
vendredi 17 octobre 2025
Monsieur le Président, Mes chers collègues, Une fois encore, l'actualité nationale nous rattrape tant est longue l'agonie d'un pouvoir voulant rester en place coûte que coûte. Voyez le tableau ! Désormais : - Hervé MORIN demande la démission d'Emmanuel MACRON - Edouard PHILIPPE réclame des élections présidentielles anticipées - Bruno RETAILLAU exclut des LR quiconque participe au gouvernement - Et Gabriel ATTAL explique qu'il "ne comprend plus les décisions" du Président et dénonce "une forme d'acharnement" de sa part. Et ce n'est pas tout ! En 16 mois, le camp présidentiel a enchaîné : - une défaite aux élections européennes, - une défaite aux législatives, - une censure historique du gouvernement BARNIER - et la chute inédite du gouvernement BAYROU ! Quant à Sébastien LECORNU, lui n'aura eu besoin de personne pour tomber ! Au passage, il a établi deux records : - d'une part, le délai le plus long pour constituer son premier gouvernement - et d'autre part, la durée la plus courte en place – 14 heures – soit le gouvernement le plus éphémère de toute l’histoire de la République ! Maintenant que le Premier ministre a échappé - à 18 voix près ! - à la motion de censure, nous allons voir combien de temps va rester en place ce nouveau gouvernement, installé en catimini. Mais on mesure bien l'ampleur de la crise de légitimité du camp présidentiel. Par son extrême fragilisation, ce pouvoir arrogant et brutal paie enfin tous les efforts qu'il a déployés afin d'étouffer quatre grands moments de la vie démocratique qui lui reviennent en boomerang. En 2018, lors du mouvement des Gilets jaunes, plus 2 millions de Français sont allés en mairie dans 17.000 communes pour remplir 20.000 cahiers de doléances qui ont fini… aux archives départementales. Un comble pour tous ceux qui se sentaient déjà abandonnés et méprisés. Puis ce fut la retraite à points qui provoqua le mouvement d'opposition le plus important des dix dernières années. Mais Edouard PHILIPPE profita d'un Conseil des ministres consacré au coronavirus pour annoncer un passage en force via le 49-3. Vint ensuite la retraite à 64 ans. Pendant des mois, la mobilisation populaire fut exceptionnelle avec des millions de manifestants lors des 14 grandes journées nationales d'actions. Mais la réforme passa là encore en force, sans vote, après un énième recours au 49-3 par Elisabeth BORNE. Enfin, en juillet 2024, alors que le Président de la République avait cédé à la demande de l'extrême droite de dissoudre l'Assemblée pour lui ouvrir la voie de Matignon, l'union de la gauche terminait en tête malgré des appels d'Emmanuel MACRON à certains de ses candidats pour empêcher la constitution d'un front républicain. On resta ensuite 11 semaines sans gouvernement, avant que soit nommé Michel BARNIER avec la suite que l'on connaît. À cette faillite démocratique s'ajoute une capitulation morale. Je veux dire combien nous avons été choqués du soutien inconditionnel de la droite et de l'extrême droite à Nicolas SARKOZY lors de sa condamnation à 5 ans de prison, lui qui était déjà le premier président de la République à avoir été condamné à de la prison ferme. Mais à peine nommé à Matignon, Sébastien LECORNU a couru lui rendre visite. Puis, quand la sentence est tombée, Nicolas SARKOZY a reçu des messages de soutien du Premier ministre et de Bruno RETAILLEAU, un appel d'Emmanuel MACRON et même une visite secrète du ministre de la Justice Gérald DARMANIN. Franchement, dans quels pays voit-on ça ? Rappelons que Nicolas SARKOZY avait conclu un pacte de corruption avec un dictateur - Mouammar KADHAFI - et accepté de collaborer – via les anciens ministres de l'intérieur GUEANT et HORTEFEUX, eux aussi punis par la justice – avec Abdallah SENOUSSI, un assassin condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et recherché par la France, un terroriste coupable de l'attentat contre le DC10 d'UTA qui a tué 54 Français. Bref, à l'approche de nouvelles échéances électorales, je conclurai par ce rappel : - Quand on jette aux oubliettes les cahiers de doléances ; - Quand on méprise les opposants à la réforme des retraites ; - Quand on dissout l'Assemblée en répondant à la demande du RN ; - Quand on refuse le résultat des législatives ; - Quand on installe au pouvoir les perdants des élections ; - Quand on laisse se multiplier les affaires de corruption ; - Quand on s'inquiète plus pour Nicolas SARKOZY que pour les Français privés de médecins, d'emploi ou de logement ; - Quand on préserve de l'impôt des milliardaires de plus en plus riches et de plus en plus nombreux ; - Quand on réduit de jour en jour les droits des demandeurs d'emploi ; - Quand on renomme une ministre de la Culture bientôt au tribunal pour corruption, trafic d’influence, abus de pouvoir et abus de confiance ; - Quand on promet la "rupture" mais qu'on reconduit d'abord les ministres de François BAYROU ; - Quand le secrétaire général de l'Élysée et Rachida DATI participent à la soirée qu'organise Nicolas SARKOZY juste avant son incarcération ; - Quand on a pour conseiller à l'Elysée Thierry SOLÈRE, visé par 13 mises en examen, qui organise des dîners secrets avec Marine LE PEN ; - Quand on installe un nouveau gouvernement et qu'on démissionne 14 heures après ; - Quand on assure ne plus vouloir aller à Matignon mais qu'on y retourne quand même ; - Quand on laisse notre pays devenir la risée à l'international ; - Quand on plonge la France dans le marasme économique ; - Quand on s'acharne sur les chômeurs tout en préservant les ultrariches ; - Eh bien, chaque fois, c'est la démocratie qu'on abîme, les élus locaux qu'on fragilise et les citoyens qu'on écœure.
